Le projet en bref
Nom du projet : Lead Market European Research Area Network
Objectif du projet : renforcer la coordination des programmes de recherche et d’innovation.
Organisme porteur du projet : Région de Wallonie, Belgique.
Responsable du projet : Julie Jasmes
Pays impliqués :
Belgique, France, Espagne, Italie, Grèce, Autriche (+Suède)
Partenaires régionaux : Conseil régional de Franche-Comté.
Programme européen : 7ème PCRD, volet "Coopération", rubrique "ERA-NET".
Subvention : 1, 094 millions €
Etat d’avancement : En cours de réalisation
Résumé du projet
Le projet LEAD ERA est comme son nom l’indique, une combinaison de deux initiatives communautaires rattachées au 7ème PCRDT : celle sur les marchés porteurs (Lead markets) dont le but est de développer les marchés porteurs à haute valeur ajoutée sociale et économique identifiés par la Commission Européenne et celle des EraNet dont l’objectif est de développer et de renforcer la coordination des programmes de recherche et d’innovation conduits au niveau national ou régional. Lead Era vise ainsi à créer un espace européen de la recherche autour de 6 marchés porteurs : l’e.santé (santé/TIC), les énergies renouvelables, la construction durable, le recyclage, les bioproduits et les textiles de protection. En effet, tous ces marchés, qui se trouvent aux carrefours de champs scientifiques et technologiques nécessitent une coopération européenne renforcée visant à mutualiser les connaissances, les compétences et les moyens.
Questions à Jennifer Stiefvater
Pouvez-vous décrire le projet en quelques mots et indiquer à quel stade de développement il en est actuellement (négociation, réalisation, bilan) ?
L’objectif du projet Lead Era est de coordonner le financement de la recherche régionale et nationale sur les 6 marchés porteurs identifiés par la Commission Européenne. Le projet a été retenu par la CE au 2ème semestre 2008 et il est actuellement en cours de réalisation : la réunion de lancement a eu lieu le 12 mars dernier à Namur (en Wallonie) et, pour l’instant, chaque partenaire commence à recenser les compétences qui lui sont propres (élaboration d’une cartographie par marché porteur) et à identifier des besoins spécifiques en matière de coopération.
Comment expliquez-vous le manque de coordination actuel en matière d’élaboration des programmes nationaux/régionaux de recherche ? Comment le projet LEAD ERA parviendra-t-il à y remédier ?
Il existe autant de dispositifs de financement de la recherche que de régions et d’Etats européens. Lead Era s’inscrit dans la logique de l’UE qui vise à pallier cette fragmentation de la recherche en Europe puisque l’objectif est de construire un EER (Espace européen de la Recherche) sur les marchés porteurs. La coopération des partenaires du projet qui va déboucher sur le lancement d’appels transnationaux va permettre de lever davantage de fonds, de mutualiser des compétences et donc de renforcer la compétitivité et la lisibilité de l’offre européenne sur ces marchés au plan mondial.
En Franche-Comté, le projet est centré sur 3 des 6 marchés porteurs identifiés par la Commission européenne : pouvez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet ? L’exigence de la CE vis-à-vis des membres du consortium était d’être en phase avec au moins 3 marchés porteurs sur 6. Pour ce qui concerne l’e.santé et les énergies renouvelables il existe d’ores et déjà en Franche-Comté des compétences fortes en matière de recherche et de développement : la volonté du Conseil régional d’intégrer ce réseau européen Lead Era a essentiellement pour but de valoriser les laboratoires et les entreprises locales, de communiquer sur leurs savoirs faire et leurs compétences, de favoriser leur ouverture aux marchés européen et international. Pour ce qui est de la construction durable, nous avons choisi de nous inscrire dans une démarche plus volontariste.
L’activité principale du projet repose sur le lancement et le financement d’appels à projets transnationaux, comment cela va-t-il s’opérer ? Un premier appel à projet pilote conjoint sera lancé à la fin de l’année 2009, ce qui va nous permettre d’identifier et d’anticiper les obstacles éventuels que nous pourrions rencontrer. Les modalités de sélection des projets seront partagées via une expertise mutualisée des dossiers et des outils de communication communs. Les membres du consortium se sont d’ores et déjà engagés à participer financièrement au lancement des appels à projets transnationaux : ils financeront leurs propres acteurs locaux (entreprises / laboratoires) en fonction des thématiques proposées et de l’intérêt qu’ils y trouveront pour leurs territoires respectifs.
Quelles seront les missions que la Direction Recherche du Conseil régional devra remplir tout au long du projet ? Celles-ci sont-elles destinées à évoluer ou pas ? La Direction Recherche du Conseil régional, en tant que financeur de la recherche est un partenaire à part entière de Lead Era. D’une part, elle est responsable de la gestion administrative et financière du projet à l’échelle régionale, d’autre part, d’un point de vue technique, elle contribue, premièrement, de manière transversale, à toutes les étapes de réalisation du projet (participation et préparation en amont des différentes réunions du comité de pilotage et du comité technique qui ont lieu tous les deux mois) et, deuxièmement, notre Direction travaille, de manière plus ciblée en lien étroit avec notre partenaire grec sur des tâches de conception d’outils partagés de communication et d’analyse, de recueil de données… concernant la cartographie des compétences et les besoins de coopération qui seront exprimés par les différents partenaires (elle s’est portée volontaire pour être "task leader" du workpackage 2).
Quelle est la spécificité des partenaires du projet ? Comment se passent les relations avec eux ainsi qu’avec le coordinateur ? Envisagez-vous d’élargir le projet à d’autres partenaires ? Tous les partenaires du projet ont été choisis pour leur potentiel en matière de recherche et d’innovation, leur complémentarité et leur intérêt pour au moins 3 des 6 marchés porteurs proposés. Tous les membres du consortium sont des financeurs de la recherche et de l’innovation, que ce soit au niveau régional ou national (services déconcentrés de l’Etat, agences régionales de l’innovation ou clusters). Le consortium s’appuie, en interne, sur l’expérience de 3 partenaires particulièrement dynamiques en matière de projets européens : la Wallonie (chef de file du projet et déjà impliquée dans 7 autres Era Net), la Basse Autriche et le Pays Basque espagnol. Nos relations avec la coordinatrice et les autres membres du consortium sont très fructueuses. Nous envisageons effectivement d’élargir notre consortium et sommes actuellement à la recherche de 10 nouveaux partenaires, eux aussi financeurs de la recherche et représentant des régions / pays européens qui viendront compléter la diversité géographique de notre panel initial.
Quelles ont été les étapes importantes du projet dans la phase de montage ? Quelles ont été les difficultés majeures auxquelles vous avez été confronté ? Notre région a été approchée dans le courant de l’été 2008 pour son potentiel en matière de recherche et d’innovation. Nous avons été contactés par le chef de file qui nous a proposé de rejoindre le consortium, ce que nous avons accepté bien volontiers. Nous n’avons donc rencontré aucune difficulté dans la phase de montage (puisque nous n’avons pas eu à rédiger la proposition à destination de la CE) mais il est clair qu’il nous a fallu être extrêmement réactifs (surtout en cette période de congés scolaires) pour rassembler tous les éléments administratifs que la CE exigeait de nous avant d’entériner la phase d’évaluation.
Quelles retombées aura ce projet au niveau local ? européen ? Quelle est la plus value d’un projet européen selon vous ? Les trois appels à projets transnationaux que nous allons lancer devraient impliquer au total une trentaine d’acteurs locaux et donc générer de l’emploi et des retombées économiques au plan local. Pour l’instant, nous sommes encore en phase de démarrage du projet et il convient d’être prudents quant à l’évaluation précise des retombées économiques de ce projet sur notre territoire. Nous ne connaissons pas de manière assez fine les thématiques ou sous thématiques des appels à projets que nous allons lancer ni le contour précis de nos domaines de coopération. Toutefois, il ne fait pas de doute que la Franche-Comté avait tout intérêt à intégrer ce réseau européen, d’autant que la thématique s’y prêtait tout particulièrement et que Lead Era appartient à la deuxième et dernière génération d’Era-Net. Au niveau européen, le travail en réseau, la mutualisation des compétences et des fonds devraient permettre de faire émerger des projets plus ambitieux et compétitifs au plan mondial.
Seriez-vous prêt à renouveler l’expérience ? Pourquoi ? Si vous aviez un conseil à donner à des porteurs de projets européens, quel serait-il ? Nous sommes bien entendu prêts à renouveler l’expérience, à condition de continuer à bien cibler les projets dans lesquels sous souhaitons nous engager ou nous impliquer (nous ne pouvons être partout à la fois). Nous avons pour l’instant une expérience des projets européens qui reste modeste (MOVARE, 6ème PCRD, "régions de la connaissance", MCRF, "people" et Lead Era dans le cadre du 7ème PCRD). Notre direction n’a pour l’instant pas encore porté de projet européen. C’est pourquoi nous nous garderons de prodiguer des conseils aux futurs porteurs. Une remarque cependant : un projet européen est par définition très chronophage : mieux vaut donc s’armer de patience et avoir les ressources humaines nécessaires en interne.
ContactsManagement du projet Lead Era en Franche-Comté :
- André Pierre (Conseil régional de Franche-Comté, Directeur de la Recherche et de l’Enseignement supérieur)
E. mail : andre.pierre@franche-comte.fr / tél : 03 81 61 61 55
-Jennifer Stiefvater (Conseil régional de Franche-Comté, Direction de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, chargée de projets Europe-Innovation)
E. mail : jennifer.stiefvater@franche-comte.fr / tél : 03 81 61 55 44