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Le projet 'Réalisons l'Europe'

Grâce au projet 'Réalisons l'Europe', des élèves du collège André Malraux de Paron, en Bourgogne, réalisent des films documentaires sur des périodes clefs de l'histoire européenne au XXe siècle. Parce que selon le coordonnateur du projet : 'la construction européenne est une aventure unique dans l’histoire de l’humanité : il est passionnant de saisir au mieux les causes et les enjeux de ce défi'.

L'UE et vous

Le projet en bref

Nom du projet : Réalisons l'Europe
Objectif du projet : Construire une citoyenneté européenne par la connaissance de l’histoire du XXe siècle

Responsable du projet : Vincent MOISSENET, coordonnateur, Myriam BOBET Principale

Pays impliqués : Allemagne, France, Pologne, République Tchèque
Partenaires régionaux : Conseil régional de Bourgogne, Conseil général de l’Yonne

Programme européen : Europe pour les citoyens, Une mémoire européenne active

Etat d’avancement : En cours de réalisation
Contact : vincent.moissenet@wanadoo.fr | www.realisonsleurope.fr

Résumé du projet

'Une classe de troisième du collège André Malraux (3e2) et son équipe enseignante ont pour objectif de réaliser deux films documentaires. Le premier sera un long métrage et aura pour sujet la Guerre froide, des causes à ses conséquences  dans l’histoire de l’Union européenne. Le second sera un court-métrage et aura pour thème la vie de Janusz Korczak, en particulier l’histoire de son foyer de Varsovie. Cet homme remarquable, médecin, pédagogue et écrivain, essaya de sauver les enfants dont il s’occupait et les accompagna au centre de mise à mort de Treblinka.

Pour mener à bien ces deux films, de nombreuses rencontres sont prévues avec des personnalités historiques, des témoins moins connus de différents pays, des historiens spécialistes, des reportages sur des lieux symboliques de cette histoire : Berlin, Varsovie et Prague.

De nombreuses institutions nous soutiennent comme l’ECPAD et le Mémorial de Caen qui vont nous aider à le réaliser (archives, documents, interviews) et à le diffuser gratuitement aux enseignants. Le Centre de documentation du Mur de Berlin sera notre éminent partenaire à Berlin. La diffusion est prévue à partir de novembre 2010.' M. Vincent Moissenet, coordonnateur du projet


Questions à M. Vincent Moissenet


Pouvez-vous nous décrire le projet en quelques mots ?

Le projet consiste à placer tous les élèves d’une classe dans la situation de journalistes et de documentaristes pendant une année entière. Chaque année, nous réalisons un film de long métrage sur un sujet différent de l’histoire récente de l’Europe. La classe est divisée en 7 ou 8 groupes , responsables d’une partie du film.

A quel stade de développement en est-il  et qu’en est-il pour la suite ?


Pour l’instant, nous sommes en phase de production et nous commençons la réalisation  par un travail de préparation et de prise de contacts. Les élèves vont ainsi écrire à des personnalités pour essayer de les interviewer cette année.

Pourquoi travailler sur l’Histoire européenne et comment ?


L’histoire de l’Europe est tellement complexe et riche qu’il est fondamental pour de jeunes Européens  de la connaître. Par ailleurs, la construction européenne est une aventure unique dans l’histoire de l’humanité : il est passionnant de saisir au mieux les causes et les enjeux de ce défi.

Notre manière de travailler est très enrichissante car nous collaborons avec de nombreux partenaires spécialistes des sujets que nous traitons en dehors de l’Education nationale. Nous travaillons aussi en interdisciplinarité : histoire, lettres, éducation musicale, anglais, allemand, arts plastiques…

Que pensez-vous de la dimension européenne dans l’enseignement (de l’histoire et des autres matières) actuellement en France ?

La dimension européenne dans l’enseignement est à mon avis très insuffisante mais il y a des progrès chaque année.

Comment les participants au projet ont-ils été choisis ?


Les élèves sont volontaires dès la quatrième. Ils sont ensuite choisis en fonction de critères importants et pour équilibrer le niveau global de la classe.

Durant le  projet, quelles sont les activités des participants ?

Les élèves préparent les interviews, les filment, font des reportages, cherchent des images d’archives, rédigent des commentaires, les enregistrent et montent le film.

Comment les différents partenaires du projet ont-ils été trouvés et sélectionnés ?


Les partenaires sont cherchés via nos réseaux européens (musées, associations, mémoriaux), en faisant des recherches ciblées sur Internet, en préparant les reportages par des visites préalables.

Est-ce que le projet bénéficie d’une subvention dans le cadre d’un programme européen ? Pourquoi ?

Le projet 2010 sur la Guerre froide et Korczak a été retenu par dans le cadre du programme européen "L'Europe des citoyens", Une mémoire européenne active Action 4. C’est pour nous une aide fabuleuse et une reconnaissance pour un projet très indépendant mais qui a toujours été soutenu par de nombreux autres partenaires. C’est sans doute le seul projet européen de ce type.

Qui sont les partenaires du projet ?


Les partenaires sont très nombreux : à part l’Union européenne, le Mémorial de Caen, l’ECPAD et le Centre de documentation du Mur de Berlin sont les principaux.

Quelles ont été les étapes importantes du montage du projet et les difficultés majeures auxquelles vous avez été confronté ?

Au début, je voulais proposer un dossier COMENIUS, c’est à dire réservé aux enseignants et j’ai cherché des partenaires européens. Mais je n’ai pas eu le temps d’en trouver avant la date ultime. J’ai donc tenté ma chance avec un dossier « Mémoire européenne ». J’avais l’espoir un peu fou qu le sujet traité en 2010 pouvait intéresser la Commission européenne alors j’ai beaucoup travaillé pour préparer un projet idéal et le plus concret possible avec un programme très précis. L’expérience des autres années (c’est le 8e projet) m’a été très profitable. Mais je ne pensais pas aux moments des résultats que nous avions une chance parmi tous les pays européens et les grands institutions qui proposent des dossiers.

Quelles retombées aura ce projet au niveau local ? européen ?

D’ores et déjà, nous avons été repéré par le Rectorat de Dijon comme un projet indépendant mais qui porte ses fruits. Nous avons donc un soutien de notre Académie, ce qui est formidable. Au niveau européen, nous aimerions qu’il permette à des enseignants de voir cette histoire différemment. Notre point de vue français est souvent assez pauvre sur cette partie de l’histoire car notre pays n’a pas été concerné  directement alors que l’Allemagne, par exemple, a été divisée puis s’est réunifiée. Leur expérience est très enrichissante.

Quelle est la plus value d’un projet européen selon vous ?

La plus value si l’on veut, c’est la diversité des points de vue qui apporte une meilleure compréhension de l’histoire sans préjugés .

Seriez-vous prêt à renouveler l’expérience ? Pourquoi ?

Nous allons travailler comme des fous pour aller au bout de ce défi mais nous avons déjà le projet 2011 en tête qui sera sans doute aussi passionnant. Malgré le travail que cela représente, il est difficile de s’arrêter et nous avons maintenant une expérience qui impressionne nos partenaires européens. Et l’Europe, c’est aussi une aventure humaine.

Si vous aviez un conseil à donner à des porteurs de projets européens, quel serait-il ?

Finalement, je peux confirmer que c’est la qualité du dossier qui compte pour de telles demandes, pas les lobbies ou la carte de visite, ou la taille de l’institution. Mais il faut travailler pour convaincre, c’est évident.